SAVOIE, Saint Jean de Maurienne, Six maires à 25m du sol pour l’avenir de Rio Tinto Alcan, six maires ont choisi de se suspendre, le 03 février, au clocher de la commune, “car l’avenir de la vallée est suspendu à ce fil électrique”.
PARIS - Le groupe minier anglo-australien Rio Tinto menace de fermer son usine d'aluminium de Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie), si EDF devait mettre à exécution sa menace d'un fort relèvement de ses tarifs d'électricité, affirme lundi le quotidien économique Les Echos.
Il s'agit sans doute d'une des réactions à la réunion du 16 Janvier Source
Je note :
La problématique concerne le contrat de fourniture d'énergie qui doit être renégocié entre EDF et RIO TINTO ALCAN. Une réunion entre EDF et Rio Tinto Alcan devrait avoir lieu à Paris, au ministère de l'industrie, le 16 janvier.
Un livre qui traite d'un sujet sensible en ce moment en Maurienne :
La production d'Aluminium
Ce livre a été écrit par Daniel Dequier qui a travaillé au laboratoire d'analyse de l'usine de Calypso (Production de Berylium), puis au Laboratoire de recherche de l'usine Pechiney.
Ce livre relate l'impact de l'industrie sur notre vallée de la Maurienne.. et très bientôt les négociations EDF / Rio Tinto Alcan décideront de son avenir.
A lire.. pour mieux comprendre le contexte actuel
Pour acheter le livre, cliquez sur le lien ci dessous
Gérald Fillion - Jacynthe Côté, pdg Rio Tinto Alcan
http://www.radio-canada.ca/nouvelle... Rio Tinto Alcan est un pilier de l'économie du Québec. 23 alumineries dans le monde, 10 raffineries d'alumine, 6 mines de bauxite et plus de 24 mille employés, dont le tiers sont au Québec. L'entreprise a un chiffre d'affaire de près de 24 milliards de dollars américains en 2008. Et depuis février dernier, c'est la Québécoise Jacynthe Côté qui dirige Rio Tinto Alcan.
Silence Radio sur l'usine de Saint Jean de Maurienne
Hydro-Québec a déjà estimé que la vente d'électricité aux alumineries faisait augmenter la facture de tous les autres clients d'Hydro-Québec. Le ministre du Développement économique, Sam Hamad, l'a lui aussi admis à la suite des annonces concernant Alouette et Alcoa.
Je note un second élément :
Hydro-Québec aura alors peut-être besoin de l'énergie utilisée par les alumineries pour remplacer l'énergie de Terre-Neuve. Si ça arrive, le Québec pourra-t-il continuer à alimenter les alumineries en énergie à bas prix ou devra-t-il les mettre dehors? La question se pose.
Pour revenir au contexte local, je vous invite à regarder ce Flash info avec le Directeur de l'usine Rio Tinto Alcan de Saint Jean de Maurienne.
De tout cela ressort une seule problématique, le coût de l'énergie.. Il suffit de regarder l'actualité sur le terme nucléaire et on voit très bien que c'est le sujet important du moment.
Sachant que d'ici peu nous devrions atteindre le pic de consommation électrique du Pays, RTE s'y prépare déjà depuis plusieurs mois. Voir :
n'est très clairement pas positive pour le contexte Rio Tinto Alcan Mauriennais, il suffit de lire les premières lignes de cet article des Echos :
Réduction des investissements, cessions d'actifs, suppressions d'emplois... Le groupe nucléaire est contraint de s'adapter à la donne post-Fukushima.
Je vous laisse d'ailleurs lire la conclusion de l'article :
Reste à savoir si ces mesures suffiront. Tout dépendra de l'impact de Fukushima. Depuis la catastrophe, la quasi-totalité du parc nucléaire japonais a suspendu sa production et l'Allemagne a définitivement fermé huit réacteurs. Autant de chiffre d'affaires en moins pour Areva qui comme bon nombre d'observateurs ne sait pas si le Japon finira par rallumer ses réacteurs. Quant aux perspectives à moyen terme, elles sont incertaines. Le groupe ne compte sur aucune commande de réacteur avant un an ou deux.THIBAUT MADELIN, Les Echos
Cette conclusion nous donne un très bon indicateur sur le prix de l'énergie en France
Car pour information : Areva a des actionnaires publics :
Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (73,03 %)
État français (10,17 %)
KIA (4,82 %)
CDC (3,32 %)
EDF (2,24 %)
Et pour rappel le CEA est aussi un organisme public.
C'est donc un élément important du cycle de fonctionnement des centrales nucléaires qui commence à perdre des clients : Allemagne, Japon (Livraisons de MOX).
Ce contexte est encore négatif pour la fourniture d'énergie à coût constant sur les 15 à 30 prochaines années pour le site de Rio Tinto Alcan Saint Jean de Maurienne.
Pour le groupe Rio Tinto Alcan, plusieurs éléments sont inquiétants pour ses investissements :
Cette coentreprise du gouvernement saoudien et d'Alcoa, qui nécessite des investissements de 10 milliards de dollars US, a aussi le potentiel de produire plus d'aluminium que toutes les alumineries en activité au Canada.
Rio Tinto Alcan fera sans doute un choix économique..
C'est une association "professionnelle" qui regroupe tous les producteurs d'électricité.
Un rapport sur l'électricité
Ce document a été réalisé sur la base de 3 scénarios :
70 % de l'énergie produite par le nucléaire
50 % de l'énergie produite par le nucléaire
20 % de l'énergie produite par le nucléaire
Cela à un horizon 2030
Quelques morceaux choisis du document :
La performance CO2 de l’électricité en France, déjà excellente…_
N'oublions pas que l'énergie nucléaire produit des déchets, pour vous en rappeler je vous invite regarder ce documentaire :
En France nous avons la même chose, cela s'appelle le Laboratoire de Bure a noter qu'il faudra que ce stockage soit stable durant 100 000 ans. Nous avons 58 réacteurs et des milliers de tonnes de déchêts.
A l'horizon 2030 il faudra prendre en compte un tas d'éléments :
Démantèlement des réacteurs
Conditionnement des déchets
Stockage dans ce supposé stockage "long terme"
Bref, je vous invite à regarder Into Eternity cela vous permettra de vous poser les bonnes questions sur le stockage et surtout sur le contexte à la surface. J'en dis pas plus, regardez le documentaire.
Les rejets économisés en Co2 sont-il vraiment la priorité ?
Quand nous parlons de cette quantité de déchets dangereux ?
Ensuite, quand on voit le contexte local il s'agit de l'industrie Rio Tinto Alcan qui devra supporter une double peine :
Les rejets de Co2 (et de produits fluorés encore plus dangereux pour l'effet de serre et la couche d'ozone)
Le coût de l'énergie et une possible sortie du nucléaire
La problématique de la consommation de l'industrie
L'industrie est très peu représentée dans ce document, mais il s'agit d'un réel problème de consommation, électrique. La problématique de l'industrie électro-intensive est qu'elle consomme de l'énergie 24 heures sur 24.
Consommer de l'énergie 24 heures sur 24 impose d'avoir une production stable et continue
Pour cela l'industriel Rio Tinto Alcan a deux choix stratégiques :
Produire et consommer de l'énergie localement, ce qui n'est plus le cas en Maurienne depuis environ 30 ans. C'est en réalité l'age des tranches nucléaires qui ont été construites dans les années 80.
Actuellement cette production n'est plus possible en Maurienne, car le parc EnR d'EDF est totalement dédié à la régulation du réseau électrique Français. Notamment pour supporter les pics de consommation, nous parlons alors STEPs.
La situation Française est donc de consommer de l'énergie nucléaire "sponsorisée" par l'état.
Mais ce n'est plus possible depuis que l'union européenne a déterminée que ces aides étaient illégales
Le choix N°1 de Rio Tinto Alcan est donc de négocier avec l'état Français et que l'état Français négocie avec l'Europe. Ces conditions multiples déterminent donc la rentabilité de la production dite de première fusion à Saint Jean de Maurienne.
Produire du métal dans les lieux où la production d'énergie est renouvelable et surtout avec un coût prévisible sur le long terme.
C'est donc le cas au Quebec où le gouvernement aide l'industrie a produire du métal à partir de sources d'énergies hydroélectriques, ces sources sont relativement stables et leur coût de fonctionnement à très long terme est relativement mesurable.
Le choix pour Rio Tinto Alcan peut être d'investir massivement au Quebec pour produire de l'aluminium..
Pour revenir au document je note que la prévision prévoit une augmentation forte du stockage d'énergie hydroélectrique (STEP)
Passage de 4GW à 7 Gigawatts, quasiment un doublement de la capacité.. une raison de plus pour que cette source d'énergie soit le "condensateur" de l'ensemble du réseau.
Les STEP produisent de l'énergie lors des pics de consommation et l'énergie excédentaire est utilisée pour remonter l'eau dans les barrages stockage d'énergie.
L'effet Fukushima
Nous voilà donc face à un choix qui dépasse très largement le cadre de l'activité économique industrielle de Saint Jean de Maurienne
Le document l'indique très bien :
L’impact de Fukushima conduit à de nouvelles interrogations politiques
Le tremblement de terre au Japon en mars 2011, le tsunami exceptionnel, hors norme, qu’il a engendré avec, comme conséquence, la catastrophe nucléaire de Fukushima, conduisent une nouvelle fois certains pays, ainsi qu’une partie de l’opinion publique en France, à se poser la question de la place de l’énergie nucléaire dans le mix électrique. Les recherches sur les nouvelles générations technologiques, prometteuses sur les plans économique et environnemental, sont également questionnées
Le contexte local prisonnier d'éléments incontrôlables
On le voit bien, le coût de l'énergie est dépendant d'une problématique qui ne pourra se régler que sur le long terme.
Cette problématique dépends d'une telle quantité d'éléments qu'il est difficile d'envisager les mêmes réactions politiques qu'en 1983, où l'état a décidé de financer pour une durée de 25 ans le coût de l'énergie pour la production d'aluminium par Pechiney.
Ce contrat énergétique n'a jamais pris en compte les éléments suivants :
Durée de vie des centrales nucléaires (et tous les coûts liés)
Une crise économique
Des privatisations
Les lois de l'union européenne
L'ouverture des marchés
Tous ces éléments font qu'en 2011, il me parait relativement complexe d'envisager un financement de l'état... qui annonce d'ailleurs qu'il doit faire des économies.
Proposer de financer XXX millions d'euros de production d'énergie pour créer des richesses chez l'entreprise Rio Tinto et ses actionnaires, me parait difficile à faire passer.
Quand à l'emploi local, c'est sans doute une catastrophe sociale qui est à venir, demain se joue une première partie de cette catastrophe.
Le défi est donc extrêmement complexe :
Négocier avec EDF une énergie à un coût stable sur les 25 prochaines années, sachant que le scénario possible de sortie du nucléaire dépends de plusieurs éléments :
** De la politique
** De l'avis des Citoyens
** D'un possible nouveau accident nucléaire (Fukushima-bis)
** Du coût d'une sortie du nucléaire
De la stratégie industrielle de Rio Tinto Alcan, qui n'est pas une entreprise publique. L'état Français n'a théoriquement pas de moyens de pression sur cette entreprise.
Rio Tinto Alcan est une entreprise de Rio Tinto, son objectif est de gagner de l'argent
Conclusion et résilience
Quel est la résilience du système local ?
Que se passerait-il en cas de fermeture du site ?
Peut-être faudrait-il réfléchir à ce scénario ?
L'écrire, l'assumer...
Il semble urgent d'attendre..
Et surtout ne rien dire.. comme si nos pauvres petites phrases, allaient changer quoi que ce soit au coût de l'énergie..