SAVOIE, Saint Jean de Maurienne, Six maires à 25m du sol pour l’avenir de Rio Tinto Alcan, six maires ont choisi de se suspendre, le 03 février, au clocher de la commune, “car l’avenir de la vallée est suspendu à ce fil électrique”.
Un livre qui traite d'un sujet sensible en ce moment en Maurienne :
La production d'Aluminium
Ce livre a été écrit par Daniel Dequier qui a travaillé au laboratoire d'analyse de l'usine de Calypso (Production de Berylium), puis au Laboratoire de recherche de l'usine Pechiney.
Ce livre relate l'impact de l'industrie sur notre vallée de la Maurienne.. et très bientôt les négociations EDF / Rio Tinto Alcan décideront de son avenir.
A lire.. pour mieux comprendre le contexte actuel
Pour acheter le livre, cliquez sur le lien ci dessous
C'est une association "professionnelle" qui regroupe tous les producteurs d'électricité.
Un rapport sur l'électricité
Ce document a été réalisé sur la base de 3 scénarios :
70 % de l'énergie produite par le nucléaire
50 % de l'énergie produite par le nucléaire
20 % de l'énergie produite par le nucléaire
Cela à un horizon 2030
Quelques morceaux choisis du document :
La performance CO2 de l’électricité en France, déjà excellente…_
N'oublions pas que l'énergie nucléaire produit des déchets, pour vous en rappeler je vous invite regarder ce documentaire :
En France nous avons la même chose, cela s'appelle le Laboratoire de Bure a noter qu'il faudra que ce stockage soit stable durant 100 000 ans. Nous avons 58 réacteurs et des milliers de tonnes de déchêts.
A l'horizon 2030 il faudra prendre en compte un tas d'éléments :
Démantèlement des réacteurs
Conditionnement des déchets
Stockage dans ce supposé stockage "long terme"
Bref, je vous invite à regarder Into Eternity cela vous permettra de vous poser les bonnes questions sur le stockage et surtout sur le contexte à la surface. J'en dis pas plus, regardez le documentaire.
Les rejets économisés en Co2 sont-il vraiment la priorité ?
Quand nous parlons de cette quantité de déchets dangereux ?
Ensuite, quand on voit le contexte local il s'agit de l'industrie Rio Tinto Alcan qui devra supporter une double peine :
Les rejets de Co2 (et de produits fluorés encore plus dangereux pour l'effet de serre et la couche d'ozone)
Le coût de l'énergie et une possible sortie du nucléaire
La problématique de la consommation de l'industrie
L'industrie est très peu représentée dans ce document, mais il s'agit d'un réel problème de consommation, électrique. La problématique de l'industrie électro-intensive est qu'elle consomme de l'énergie 24 heures sur 24.
Consommer de l'énergie 24 heures sur 24 impose d'avoir une production stable et continue
Pour cela l'industriel Rio Tinto Alcan a deux choix stratégiques :
Produire et consommer de l'énergie localement, ce qui n'est plus le cas en Maurienne depuis environ 30 ans. C'est en réalité l'age des tranches nucléaires qui ont été construites dans les années 80.
Actuellement cette production n'est plus possible en Maurienne, car le parc EnR d'EDF est totalement dédié à la régulation du réseau électrique Français. Notamment pour supporter les pics de consommation, nous parlons alors STEPs.
La situation Française est donc de consommer de l'énergie nucléaire "sponsorisée" par l'état.
Mais ce n'est plus possible depuis que l'union européenne a déterminée que ces aides étaient illégales
Le choix N°1 de Rio Tinto Alcan est donc de négocier avec l'état Français et que l'état Français négocie avec l'Europe. Ces conditions multiples déterminent donc la rentabilité de la production dite de première fusion à Saint Jean de Maurienne.
Produire du métal dans les lieux où la production d'énergie est renouvelable et surtout avec un coût prévisible sur le long terme.
C'est donc le cas au Quebec où le gouvernement aide l'industrie a produire du métal à partir de sources d'énergies hydroélectriques, ces sources sont relativement stables et leur coût de fonctionnement à très long terme est relativement mesurable.
Le choix pour Rio Tinto Alcan peut être d'investir massivement au Quebec pour produire de l'aluminium..
Pour revenir au document je note que la prévision prévoit une augmentation forte du stockage d'énergie hydroélectrique (STEP)
Passage de 4GW à 7 Gigawatts, quasiment un doublement de la capacité.. une raison de plus pour que cette source d'énergie soit le "condensateur" de l'ensemble du réseau.
Les STEP produisent de l'énergie lors des pics de consommation et l'énergie excédentaire est utilisée pour remonter l'eau dans les barrages stockage d'énergie.
L'effet Fukushima
Nous voilà donc face à un choix qui dépasse très largement le cadre de l'activité économique industrielle de Saint Jean de Maurienne
Le document l'indique très bien :
L’impact de Fukushima conduit à de nouvelles interrogations politiques
Le tremblement de terre au Japon en mars 2011, le tsunami exceptionnel, hors norme, qu’il a engendré avec, comme conséquence, la catastrophe nucléaire de Fukushima, conduisent une nouvelle fois certains pays, ainsi qu’une partie de l’opinion publique en France, à se poser la question de la place de l’énergie nucléaire dans le mix électrique. Les recherches sur les nouvelles générations technologiques, prometteuses sur les plans économique et environnemental, sont également questionnées
Le contexte local prisonnier d'éléments incontrôlables
On le voit bien, le coût de l'énergie est dépendant d'une problématique qui ne pourra se régler que sur le long terme.
Cette problématique dépends d'une telle quantité d'éléments qu'il est difficile d'envisager les mêmes réactions politiques qu'en 1983, où l'état a décidé de financer pour une durée de 25 ans le coût de l'énergie pour la production d'aluminium par Pechiney.
Ce contrat énergétique n'a jamais pris en compte les éléments suivants :
Durée de vie des centrales nucléaires (et tous les coûts liés)
Une crise économique
Des privatisations
Les lois de l'union européenne
L'ouverture des marchés
Tous ces éléments font qu'en 2011, il me parait relativement complexe d'envisager un financement de l'état... qui annonce d'ailleurs qu'il doit faire des économies.
Proposer de financer XXX millions d'euros de production d'énergie pour créer des richesses chez l'entreprise Rio Tinto et ses actionnaires, me parait difficile à faire passer.
Quand à l'emploi local, c'est sans doute une catastrophe sociale qui est à venir, demain se joue une première partie de cette catastrophe.
Le défi est donc extrêmement complexe :
Négocier avec EDF une énergie à un coût stable sur les 25 prochaines années, sachant que le scénario possible de sortie du nucléaire dépends de plusieurs éléments :
** De la politique
** De l'avis des Citoyens
** D'un possible nouveau accident nucléaire (Fukushima-bis)
** Du coût d'une sortie du nucléaire
De la stratégie industrielle de Rio Tinto Alcan, qui n'est pas une entreprise publique. L'état Français n'a théoriquement pas de moyens de pression sur cette entreprise.
Rio Tinto Alcan est une entreprise de Rio Tinto, son objectif est de gagner de l'argent
Conclusion et résilience
Quel est la résilience du système local ?
Que se passerait-il en cas de fermeture du site ?
Peut-être faudrait-il réfléchir à ce scénario ?
L'écrire, l'assumer...
Il semble urgent d'attendre..
Et surtout ne rien dire.. comme si nos pauvres petites phrases, allaient changer quoi que ce soit au coût de l'énergie..
L'unité de Saint-Jean-de-Maurienne est, certes, une grosse consommatrice d'énergie, mais elle avait bénéficié, lors de sa modernisation en 1983, d'un contrat énergétique préférentiel.En effet, Pechiney avait accepté d'aider EDF à investir dans le nucléaire, en contrepartie d'un contrat énergétique préférentiel dont la durée est indexée sur la durée de vie théorique des centrales nucléaires. Celui-ci doit normalement prendre fin en 2012, avec pour conséquence un fort renchérissement du coût de l'énergie.
Nous sommes donc face au véritable problème, la durée de vie théorique des centrales nucléaires : 25 à 30 ans.
Mais la réalité est tout autre, il va falloir financer la maintenance des centrales pour les années à venir.
Mais nous allons aussi nous retrouver face à un problème majeur, celui de la sortie du nucléaire que les différents pays d'Europe ont choisit, voir cette revue de presse :
La crise économique, Rio Tinto Alcan entreprise Australienne.. le coût de l'énergie nucléaire, le coût de la maintenance des centrales, le coût d'un hypothétique accident.
Tous ces éléments me semblent si complexe et soumis à tellement de facteurs extérieurs, qu'il me semble vraiment complexe pour l'état Français d'entreprendre une action similaire à celle de 1983.
Pendant ce temps là, Rio Tinto Alcan construit son usine AP60 a coté de sources d'énergies hydroélectriques renouvelables.
Conclusion :
Le document résume très bien la problématique :
Saint- Jean de Maurienne bénéficie depuis 1983 d'un contrat à long terme (sur 25 ans) pour la fourniture d'électricité à environ 12c/kWh ; ceci devrait permettre le maintien de ce site à l'horizon de la projection.
"Des lueurs d’espoir pour l'industrie mauriennaise"
Je n'ai pas envie de vous mettre de scan, car je trouve l'article relativement léger et sans recherche approfondie.
Je pense très sincèrement que ces lueurs n'auront qu'une pérennité limitée, car le coût de l'énergie ne pourra pas baisser dans le futur. Il ne pourra qu'augmenter.
Il s'agit d'une problématique globale
Pourquoi cette augmentation ?
Parce que l'énergie électrique actuelle est principalement produite à base de nucléaire et cela pose deux problèmes si l'ont parle d'une échelle 30 ans.
Je parle d’échelle 30 ans car il s'agit de la durée du contrat énergétique qui avait été mis en place par la politique de l'époque, l'industrie et edf étaient totalement "public".
Ce qui a facilité ce co-financement d'une alimentation "nucléaire"
Accessoirement 30 ans, c'est la durée de vie théorique d'une centrale nucléaire.
Le monde a changé et nous nous retrouvons en 2011, dans un contexte bien différent :
L'approvisionnement en uranium : Les ressources en uranium ne sont pas illimitées
La consommation électrique du pays ne cesse d'augmenter, pour rappel cet hiver nous avons battu le record de consommation d'énergie électrique Source
Soit : 96.350 mégawatts (MW)
Seconde révolution industrielle :
Nous sommes aux environs de 1870...
Pourquoi l'industrie est-elle venue s'installer dans cette vallée de la Maurienne ?
Parce que lors de la seconde révolution industrielle.. deux énergies sont apparues :
Houille blanche (Hydro électricité)
Pétrole
La première énergie est toujours là, mais malheureusement elle n'est plus utilisée localement. Elle est utilisée pour "compenser" les problématiques globales de consommation électrique.
On parle alors de STEP (Station de Transfert d’Énergie par Pompage)
Un certain Paul Héroult avait bien saisi cette opportunité concurrentielle :
Eau abondante
Période de l'histoire ou la consommation énergétique est inexistante dans le contexte national et international
Courant continu, complexité du transport longue distance
Mais la houille blanche est une énergie qui ne peut être permanente, nous sommes dans un contexte de saisons
Il n'était donc pas possible de produire du métal toute l'année.
Un contexte mondial différent :
Il n'est plus du tout attractif de produire localement, car l'énergie électrique est beaucoup trop coûteuse à fabriquer (Nucléaire).
Le contexte mondial, c'est surtout :
Du gaz pour produire de l'électricité
Beaucoup d'argent injecté dans les constructions de super-usines (des pétro-dollars)
Certains sites avec d'immenses barrages et une consommation locale "ridicule" (Cameroun, Islande..)
La mer à proximité, des ports.. du transport "bon marché"
Tous ces éléments font que la seconde révolution industrielle n'est plus d'actualité sur notre territoire
La puissance d'EDF locale sur l'hydroélectricité est d'environ 2 Gw sur la vallée, mais cette énergie n'est pas utilisable pour plusieurs raisons :
Régulation du réseau (STEP) national, international
Alimentation en eau (Rhones et ses centrales à refroidir)
Suivre le modèle initié par Paul Héroult est désormais impossible..
Sachant que la production de métal est liée à un modèle financier global, car en effet l'industrie est liée à un modèle "boursier"...
La troisième révolution industrielle
Avez-vous remarqué une troisième révolution industrielle ?
Paradoxalement, un seul endroit utilise de la houille blanche.. pour la production de Puces.. il s'agit d'une industrie à proximité de Crolles..
Mais l'eau n'est pas utilisée pour produire de l'énergie..
Cette troisième révolution industrielle vous la vivez, si vous lisez ce billet vous utilisez... un microprocesseur, un raccordement internet.
Quels sont les avantages de cette révolution industrielle ?
L'exemple Google :
Comment Google a t'il pu naitre ?
Parce que deux personnes ont commencé à utiliser des serveurs dans leur garage.
Ils ont commencé "petit" et puis rapidement, moins de 10 ans après..
Google étant une société qui produit des données, un service pour des utilisateurs. Ils se sont heurtés à un problème majeur, un problème industriel :
Leur consommation en énergie
Et ils ont réussi à améliorer l'intégralité de la chaine de production, l'intégralité de leur fonctionnement pour consommer moins d'énergie
Cette vidéo est un exemple simple :
Pourquoi vous raconter tout ça ?
Parce qu'un procédé industriel de production de métal, n'est pas optimisable
La réelle optimisation, c'est la localisation de la production
Mais là aussi ce n'est pas éternel.. un jour nous n'aurons plus de gaz, de pétrole.. mais c'est un autre sujet.
Que faut-il faire ?
Quelques pistes, si tout seul j'arrive à réfléchir à tout ça.. imaginez-vous.. si nous étions plusieurs.. Mais pour l'instant j'ai l'impression d'être le seul à penser.. qu'il existe des solutions à nos problèmes d'emplois locaux.
Maintenant que j'ai plusieurs années d’observations, de réflexions, d'échanges
Je pense que nous devrions axer notre développement économique autour de cette troisième révolution industrielle
Cette révolution .. qui depuis quelques temps est devenue totalement omniprésente dans vos vies, dans nos vies :
Téléphonie mobile
ADSL, ADSL2+
Utilisations intensive du web
Consultation de contenu multimédia produit localement
Et bien d'autres interactions locales.. (tourisme etc..)
Quand je vois qu'une seule personne, peut faire une revue de presse de l'ensemble d'une vallée (je parle de Marmotte73)
La problématique de cette troisième révolution.. c'est finalement la même que celle de l'industrie
Pour l'industrie de l'internet il faut :
De l'énergie abondante
De la connectivité internet via des fibres optiques longue distance
De l'argent
Quelques emplois pour maintenir l'ensemble
Pour faire cela, que faut-il faire ?
Une chose "très simple"
Se raccorder à Lyon ou à Turin
S'interconnecter à internet
Quels sont les coûts ?
Ils sont fixes, on parle alors d'un IRU (un contrat irrévocable de location de fibre optique) sur une durée qui est bien souvent de 15 ans.
D'équipements électroniques
De gestion (des emplois)
Le coût estimé d'un IRU, c'est environ 1,6 Millions d'euros[1]
Car le problème fondamental de cette troisième révolution
C'est le prix au Mb/s
Pour qu'un territoire soit attractif, il doit avoir un prix au Mb/s le plus faible possible.
Et pour cela, il faut s'interconnecter à l'ensemble des opérateurs dans un nœud d'échange.
Cette troisième révolution a surtout l'avantage.. de pouvoir être maintenue localement pour un faible coût énergétique et surtout.. par une énergie qui pourra être produit localement.. via de la houille blanche.
Je suis à votre disposition pour un complément d'explications
Cette semaine, Maurienne TV vous propose un Maurienne Mag spécial Rio Tinto Alcan avec comme invités : Loïc Maenner, directeur général de l'usine Rio Tinto Alcan de Saint-Jean-de-Maurienne et François Spira, directeur du laboratoire de recherche des fabrications de cette usine. Bon Maurienne Mag à toutes et à tous !