La france accueille Mouammar Kadhafi
Par Alexandre Modesto le lundi 10 décembre 2007, 19:36 - politique - Lien permanent
Le plus rock'n'roll des terroristes ? 
http://fr.wikipedia.org/wiki/Kadhafi
Extraits de l'article wikipedia :
khadafi est aussi, considéré comme progressiste dans le monde musulman concernant, la question féminine. Il entretient, une garde personnelle constituée exclusivement de femmes, ses "amazones".
Par la suite, en 2003, la Libye reconnait officiellement "la responsabilité de ses officiers" dans l'Attentat de Lockerbie — ainsi que du Vol 772 UTA — et paie une indemnité de 2,16 milliards de dollars aux familles des 270 Pan Am victimes, ce qui a pour conséquence la levée définitive des sanctions de l'ONU et (partiellement) des États-Unis à son encontre.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_Kadhafi_des_droits_de_l%27Homme
Allez.. petite revue de presse :

Commentaires
Bienvenue à notre "ami" africain, qui débarque avec armes et bagages... "Que celui qui a en abondance vienne, que celui qui a faim soit refoulé" dicton sarkozien du 21ème siècle après JC
En parlant de la visite de cinq jours du nouveau grand ami de la France, voici un court extrait dun article signé Massimo Nava pour le Corriere della Sera :
"Au lendemain de son élection, Nicolas Sarkozy avait promis que la France serait "du côté des opprimés du monde" ; or il a été le premier chef dEtat à féliciter Vladimir Poutine pour la victoire de Russie unie aux législatives. En visite à Pékin, le président français, faisant allusion à Taïwan et au Tibet, a rappelé qu"il ny a quune seule Chine". Préoccupé, comme on peut le comprendre, par le sort dIngrid Betancourt, il a reçu avec les honneurs le président du Venezuela, Hugo Chavez. Reconnaissant pour la libération des infirmières bulgares, il a chaleureusement accueilli le leader lybien Muammar Kadhafi. Aux naïfs et aux idéalistes on répondra que cette logique de politique étrangère incarnée aujourdhui par Nicolas Sarkozy a pour nom realpolitik. On peut protester haut et fort quant au sort fait à la Tchétchénie, mais cest de Russie que proviennent gaz et pétrole. On peut être solidaire des moines birmans, mais leur avenir dépend de la Chine et de lInde, les nouveaux géants de la planète. Cest ce qua si bien compris Nicolas Sarkozy."
Et en voici un autre, un peu plus long, écrit par Joseph Hanimann pour le Frankfurter Allgemeine Zeitung : "Kadhafi scelle la fin des intellectuels"
"On savait depuis longtemps que, même en France, les protestations dintellectuels ont perdu de leur impact. On vient den avoir la confirmation. Au beau milieu du tollé suscité par la visite dEtat de lautocrate libyen Kadhafi, Bernard Kouchner a eu une phrase lourde de sens. Le temps est venu des négociations politiques, a-t-il déclaré, où les principes moraux nincarnent quune demi-vérité. Realpolitik ? Non : pour le ministre que la politique étrangère sans scrupule de Sarkozy rend de plus en plus nerveux, lautre demi-vérité est celle des résultats concrets - libération des infirmières bulgares en été, visite dEtat en automne. Il faut regarder vers lavant. Donc, oui, realpolitik.
Avec cette visite de Kadhafi, Sarkozy met à rude épreuve la conscience et lintégrité morale de ses partisans issus des rangs intellectuels. Des personnalités qui nont jamais penché en sa faveur et qui, face à ses réussites concrètes de ces dernières semaines, ne pipaient plus mot recommencent soudain à donner de la voix. "Dans le pays des droits de lhomme, il y a là quelque chose qui ne passe pas", déclare Bernard-Henri Lévy : "On ninvite pas en visite dEtat un grand terroriste ou un preneur dotages international."
Ce nest pas le fait que lon reçoive un dictateur qui serait scandaleux, mais la manière de le faire, "avec la pompe protocolaire et de surcroît pour la journée internationale des droits de lhomme", sinsurge Pascal Bruckner. On ne trouverait là que peu de traces de la rupture annoncée avec lancien cynisme dEtat. Faut-il donc reprendre les appels à la protestation ? "Plus que jamais", assure Bruckner, "plus on crie fort, plus on a de chance dêtre entendu, y compris par Sarkozy."
La pilule est dure à avaler pour ceux qui avaient soutenu le candidat Sarkozy, tel André Glucksmann. Jamais on ne les a aussi peu entendus. Lempressement du président français à féliciter Vladimir Poutine pour sa victoire aux élections parlementaires russes a déjà été une "déception" pour le philosophe. Aujourdhui, il juge désastreux que Kadhafi se voie offrir une tribune politique à lElysée et à lAssemblée nationale. Les intellectuels français tels Glucksmann étaient habitués à voir réagir les hommes politiques à leurs protestations. Le mépris et la suffisance de Sarkozy bousculent leurs vieux schémas.
Toutefois, les protestations les plus violentes contre la visite dEtat du dirigeant libyen ne sont pas venues des cercles dintellectuels mais du gouvernement lui-même. Le commentaire sans ambiguïté de la secrétaire dEtat aux droits de lHomme, Rama Yade, pour qui la France "nest pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir sessuyer les pieds du sang et de ses forfaits", a largement été repris par les opposants à cette visite. Cest là quapparaît la véritable "rupture" du nouveau président. Son gouvernement ne détermine pas seulement la politique du pays, il fournit en prime la critique. La realpolitik à laquelle Sarkozy initie les vieux idéalistes et ses nouveaux alliés ne se déploie pas dans la discrétion feutrée des salons gouvernementaux mais dans les médias, où les intellectuels étaient autrefois chez eux. Le problème est que cette conduite nuit autant à la crédibilité des intellectuels quà celle du président."
Enfin, un petit dernier pour finir, écrit de la plume dAmine Lotfi, pour le quotidien algérois El-Watan : "Tout près du chéquier libyen"
"En accueillant le chef de lEtat lybien, la France ne fait que profiter de son retour en grâce diplomatique...et de ses milliards de dollars. Le dirigeant lybien entame, à partir du 10 décembre, une visite officielle de cinq jours en France. Cette visite - dont Paris escompte de substantielles retombées financières - soulève une vague de violentes protestations de la part de lopposition parlementaire et des organisations des droits de lhomme, qui jugent le colonel Kadhafi indésirable. Les autorités françaises ne semblent nullement embarrassées pour autant par ce vacarme politico-médiatique qui ne devrait pas compromettre la signature de gros contrats avec Tripoli. Le président français, Nicolas Sarkozy, sest dailleurs montré pragmatique en assurant à son invité, lors du tout récent sommet Union européenne-Afrique à Lisbonne, quil était le bienvenu. Le colonel Kadhafi se rendra donc à Paris - selon une formule désormais consacrée - "en ami", cest-à-dire en nen pensant pas moins, car il est parfaitement informé des tirs croisés dont il fait lobjet.
Pour lui aussi, le ton est au réalisme et à la conclusion de contrats qui amélioreront limage de la Libye sur la scène internationale. Et, de fait, lheure nest plus où le colonel Kadhafi était voué aux gémonies tant par lEurope que par lAmérique, prêtes désormais à commercer avec une Libye revenue en grâce depuis quelle a affirmé quelle renonçait à développer des armes de destruction massive, en 2003, et quelle a dédommagé les victimes des attentats au-dessus du Niger, en 1989, et de Lockerbie (Ecosse), en 1998, qui avaient frappé des avions civils. Depuis cette date, le colonel Kadhafi a reçu la quasi-onction du président Bush lui-même et il est redevenu parfaitement fréquentable pour lensemble des capitales, dans un contexte où le réalisme économique prime sur bien dautres considérations.
Le président français avait dailleurs souligné, à Lisbonne, quil encouragerait "le retour à la respaectabilité internationale" du colonel Kadhafi. Le rapprochement entre Paris et Tripoli avait connu un temps fort, cet été, lors de lépisode de la libération des infirmières bulgares détenues en Libye. En contrepartie du geste du colonel Kadhafi, Paris aurait pris un certain nombre dengagements, en particulier dans le domaine du nucléaire civil. La France est désireuse dexporter sa nouvelle génération de réacteurs et de vendre dans le monde ses nouvelles technologies. Mais lun des objectifs de la visite du dirigeant libyen en France concernerait des contrats darmement et plus particulièrement davions de chasse Rafale, que lindustrie aéronautique française peine à placer. La Libye serait lun des rares pays, pour ne pas dire le seul, à acquérir ce matériel de combat, qui fera son apparition dans une région qui a bien dautres priorités. A cet égard, la visite du colonel Kadhafi est déjà tout bénéfice pour la France et son industrie militaire. Même sil est peu probable que le dirigeant libyen ait droit, en retour, à des bains de foule sur les Champs-Elysées."